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Protéger les personnes à risque pendant les fortes chaleurs

Toutes les personnes ne transpirent pas, ne ressentent pas la soif et ne se refroidissent pas de la même façon. Voici comment adapter la prévention selon chaque public fragile, du nourrisson à la personne âgée isolée.

Par la rédaction d'Il fait chaudMis à jour le 29 juin 2026Lecture : 7 min

Pendant une vague de chaleur, tout le monde n'est pas exposé de la même façon. Certains corps régulent moins bien leur température, ressentent moins la soif, ou portent des maladies et des traitements qui fragilisent encore l'équilibre. Repérer ces publics à l'avance, savoir quels gestes posent vraiment problème et lesquels protègent, c'est ce qui évite qu'une chaleur banale ne tourne au malaise grave. Cette page passe en revue chaque personne à risque et donne, à chaque fois, des gestes simples à appliquer chez soi ou auprès d'un proche.

Le bon réflexe de fond reste le même pour tous : surveiller la vigilance canicule de Météo-France, garder le logement frais, faire boire avant la soif, et appeler le numéro Canicule info service au 0 800 06 66 66 (gratuit) en cas de doute. En cas de malaise, de confusion ou de perte de connaissance, on appelle le 15 (SAMU) ou le 112 sans attendre.

Pourquoi certains corps résistent moins à la chaleur

Le corps humain maintient sa température autour de 37 °C. Quand il fait chaud, il évacue l'excès de chaleur de deux façons : il dilate les vaisseaux de la peau pour évacuer la chaleur, et il transpire. L'évaporation de la sueur refroidit la peau. Ce système marche bien chez un adulte en bonne santé, mais il a des limites, et ces limites varient selon l'âge et l'état de santé.

Deux mécanismes posent particulièrement problème. D'abord la capacité à transpirer : elle diminue avec l'âge et avec certaines maladies. Moins de sueur, c'est moins de refroidissement. Ensuite la perception de la soif : c'est un signal d'alarme qui dit au corps « bois maintenant ». Or chez la personne âgée, ce signal arrive en retard, parfois pas du tout. Résultat, on se déshydrate sans en avoir conscience.

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La soif n'est pas un bon indicateur quand il fait chaud. Quand on la ressent, le corps manque déjà d'eau. C'est encore plus vrai chez les personnes âgées et les jeunes enfants, dont les signaux sont moins fiables.

À cela s'ajoute la perte d'eau et de sels minéraux par la sueur, l'effort physique qui produit de la chaleur, et un logement qui se transforme en four si on n'a pas fermé les volets le jour. Les personnes à risque cumulent souvent plusieurs de ces facteurs en même temps, ce qui explique pourquoi elles basculent vite.

Personnes âgées : la déshydratation qui ne se voit pas

Après 65 ans, et plus encore après 75 ans, le corps régule moins bien la chaleur. Trois changements se combinent : on transpire moins, on ressent moins la soif, et la sensation de « j'ai trop chaud » arrive en retard. Une personne âgée peut donc être en train de se déshydrater tout en se disant qu'elle va bien. C'est ce qu'on appelle la déshydratation silencieuse, et c'est la première cause de malaise grave chez les seniors pendant une canicule.

Les signes à surveiller sont discrets au début : fatigue inhabituelle, bouche sèche, urines foncées et peu abondantes, légère confusion ou somnolence, perte d'appétit. Une perte de poids rapide sur quelques jours est aussi un signal. Quand ces signes apparaissent, il faut agir tout de suite et, si l'état se dégrade, appeler le 15.

Les gestes qui protègent une personne âgée

  • Faire boire régulièrement, même sans soif : proposer un verre d'eau toutes les heures plutôt que d'attendre la demande. Viser environ 1,5 litre par jour, fractionné en petites quantités. Varier avec de l'eau, des tisanes fraîches, des soupes froides, des fruits riches en eau (melon, pastèque, concombre).
  • Garder une pièce fraîche : fermer volets et rideaux dès le matin du côté du soleil, n'aérer que la nuit et tôt le matin quand l'air extérieur redescend. Réserver une pièce de la maison comme refuge frais où la personne passe les heures les plus chaudes.
  • Rafraîchir la peau : brumiser le visage et les avant-bras, poser des linges humides sur la nuque et les poignets, proposer une douche tiède ou un bain de pieds frais. La peau mouillée fait baisser la température ressentie.
  • Vêtements légers et amples, en coton clair, et pas de couette épaisse la nuit.
  • Appeler ou rendre visite chaque jour pendant l'épisode de chaleur. Une personne isolée qui décline doucement ne donnera pas l'alerte elle-même.
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Une personne âgée, isolée ou en situation de handicap peut s'inscrire sur le registre communal tenu par sa mairie. En cas d'alerte, les services sociaux la contactent ou passent la voir. L'inscription est gratuite et se fait en mairie, par téléphone ou via un proche. On explique la démarche complète dans la page plan canicule.

Nourrissons et jeunes enfants : la chaleur en quelques heures

Un bébé n'est pas un petit adulte face à la chaleur. Sa surface de peau est très grande par rapport à son poids, ce qui le fait chauffer vite. Sa capacité à transpirer et à réguler sa température n'est pas encore mature. Et il ne peut ni dire qu'il a soif, ni aller boire seul, ni se déshabiller. Un nourrisson peut se déshydrater en quelques heures, beaucoup plus vite qu'un adulte.

Le danger le plus grave et le plus connu reste la voiture. Par 30 °C dehors, l'habitacle d'un véhicule grimpe au-delà de 50 °C en moins de quinze minutes, vitres entrouvertes ou non. Un enfant laissé dans une voiture, même « juste deux minutes », peut faire un coup de chaleur mortel.

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Ne jamais laisser un enfant seul dans une voiture, même quelques minutes, même à l'ombre, même fenêtre ouverte. La température monte trop vite. C'est une cause régulière de décès d'enfants chaque été.

Les gestes qui protègent un bébé

  • Proposer à boire souvent : pour un nourrisson allaité, mettre au sein plus fréquemment ; pour un bébé au biberon, proposer de l'eau entre les biberons. Pour un jeune enfant, donner de l'eau toutes les demi-heures sans attendre qu'il réclame.
  • Habiller léger : un body en coton, voire la couche seule à la maison quand il fait très chaud. Un chapeau à bord large dès qu'on sort.
  • Pièce fraîche : volets fermés le jour, pas de source de chaleur dans la chambre, ventilateur orienté de façon à brasser l'air sans souffler directement sur l'enfant.
  • Jamais en plein soleil : la poussette reste à l'ombre, et on évite de couvrir la nacelle d'un lange, qui transforme la poussette en étuve. On reporte les sorties après 18 h.
  • Surveiller les signaux : couches sèches plusieurs heures de suite (signe qu'il ne fait plus assez pipi), fontanelle creusée chez le nourrisson, somnolence anormale, refus de boire, teint gris, pleurs faibles. Au moindre de ces signes, on appelle le 15.
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Pour un nourrisson de moins de 6 mois allaité, le lait maternel couvre les besoins en eau. On augmente la fréquence des tétées plutôt que de donner de l'eau, sauf avis contraire du médecin.

Maladies chroniques et médicaments : un risque cumulé

Plusieurs maladies de longue durée rendent le corps plus vulnérable à la chaleur. Les maladies cardiaques fatiguent un cœur déjà sollicité par la chaleur. Les maladies rénales perturbent la gestion de l'eau et des sels. Le diabète altère la perception des signaux du corps et la régulation. Les troubles neurologiques, dont la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson, brouillent la sensation de soif et la capacité à se protéger seul.

Le second facteur, souvent sous-estimé, ce sont les médicaments. Certains traitements augmentent le risque de déshydratation ou gênent la régulation thermique :

  • les diurétiques, qui font éliminer de l'eau ;
  • certains traitements de la tension artérielle ;
  • certains médicaments psychiatriques (neuroleptiques, antidépresseurs) qui perturbent la transpiration et la température corporelle ;
  • certains anti-inflammatoires et traitements du rein, qui pèsent sur la fonction rénale quand le corps manque d'eau.
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Si vous suivez un traitement au long cours, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant ou pendant une vague de chaleur. Lui seul peut juger s'il faut adapter une dose. N'arrêtez jamais un traitement de vous-même : c'est dangereux.

Concrètement : préparez la liste de vos médicaments pour la montrer au professionnel de santé, ne stockez pas vos boîtes au-dessus de 25 °C, et redoublez d'attention sur l'hydratation, car votre corps tolère moins bien le manque d'eau. Cette consultation peut se faire en amont de l'été, sans attendre l'alerte.

Femmes enceintes : fatigue et besoins en eau accrus

La grossesse modifie la circulation et augmente les besoins en eau. Une femme enceinte se fatigue plus vite quand il fait chaud, ressent davantage les jambes lourdes et les vertiges, et se déshydrate plus facilement. La déshydratation peut déclencher des contractions, ce qui rend la vigilance d'autant plus importante au dernier trimestre.

Les gestes sont simples : boire abondamment et régulièrement, se reposer dans une pièce fraîche aux heures chaudes, éviter les efforts et les longues stations debout, surélever les jambes, porter des vêtements amples. En cas de maux de tête persistants, de contractions, de vertiges marqués ou de gonflement soudain, il faut consulter rapidement.

Travailleurs en plein air et sportifs : effort plus chaleur

Sur un chantier, dans les champs, en cuisine ou pendant une séance de sport, le corps produit déjà beaucoup de chaleur par l'effort. Si la température extérieure est élevée, les deux s'additionnent et le risque de coup de chaleur devient réel. Le coup de chaleur d'effort peut survenir vite et il est grave : température au-dessus de 40 °C, peau brûlante, maux de tête, nausées, confusion. C'est une urgence vitale.

  1. Décaler les efforts : éviter le créneau le plus chaud, en général entre 12 h et 16 h. Travailler tôt le matin ou en fin de journée quand c'est possible.
  2. Faire des pauses à l'ombre : des coupures régulières dans un endroit frais valent mieux qu'une longue pause tardive. On s'arrête avant d'être épuisé.
  3. Boire avant d'avoir soif : de l'eau, par petites gorgées fréquentes, sans attendre la sensation de soif. Compter au moins un verre toutes les 15 à 20 minutes en cas d'effort soutenu.
  4. Adapter la tenue : vêtements légers et clairs, casquette ou chapeau, protection du cou.
  5. Surveiller ses collègues : un coéquipier qui titube, devient confus ou arrête de transpirer doit être mis à l'ombre, rafraîchi et signalé au 15 immédiatement.
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Un coup de chaleur à l'effort est une urgence. En attendant les secours, on allonge la personne à l'ombre, on la déshabille, on l'asperge d'eau fraîche et on la ventile. On appelle le 15 ou le 112 sans attendre.

Animaux : le chien d'abord

Les animaux souffrent aussi de la chaleur, et le chien est le plus exposé. Contrairement à nous, un chien ne transpire quasiment pas : il évacue la chaleur en haletant, ce qui est beaucoup moins efficace. Les races à face écrasée (bouledogue, carlin), les chiens âgés, en surpoids ou à poil épais sont encore plus fragiles.

Le coup de chaleur du chien se reconnaît à un halètement intense, une salivation abondante, une agitation puis un abattement, parfois des vomissements. C'est une urgence vétérinaire.

  • Jamais dans une voiture : comme pour un enfant, l'habitacle devient mortel en quelques minutes.
  • Eau fraîche à volonté : plusieurs gamelles, changées souvent, à l'intérieur et à l'extérieur.
  • De l'ombre en permanence et un coin frais où se coucher.
  • Promener tôt le matin ou tard le soir, jamais aux heures chaudes.
  • Attention aux sols brûlants : le bitume peut brûler les coussinets. Règle simple, si vous ne pouvez pas y poser le dos de la main 5 secondes, c'est trop chaud pour ses pattes.

Comment aider un proche isolé pendant la chaleur

Beaucoup de personnes fragiles vivent seules. Une voisine âgée, un parent éloigné, une personne malade : un contact régulier change tout, parce que la déshydratation s'installe sans bruit et que la personne concernée n'alerte pas toujours.

Le geste le plus utile est l'appel quotidien pendant tout l'épisode. À chaque appel ou visite, on vérifie trois choses simples : est-ce qu'elle boit (combien de verres aujourd'hui), est-ce que le logement reste frais (volets fermés, pièce refuge), et comment elle se sent (fatigue, confusion, vertiges). Si quelque chose cloche, on passe la voir, on l'aide à boire et à se rafraîchir, et au moindre signe inquiétant, on appelle le 15.

Pensez aussi à vérifier qu'elle dispose de quoi se rafraîchir et qu'elle sait s'inscrire sur le registre de sa mairie. Si plusieurs proches se relaient, mettez-vous d'accord sur qui appelle quel jour pour ne laisser passer aucune journée.

Rafraîchir la chambre d'un proche fragile

Un appareil bien choisi aide à faire baisser la température ressentie là où dort une personne âgée ou un bébé.

Voir le guide ventilateur

Les numéros utiles à garder sous la main

Trois numéros suffisent pendant une vague de chaleur :

0 800 06 66 66Canicule info service, gratuit, conseils
15SAMU, urgence médicale
112urgence, numéro européen

Le 0 800 06 66 66 répond aux questions sur les gestes de prévention et l'aide aux personnes fragiles, en général de 9 h à 19 h pendant les épisodes de chaleur. Le 15 et le 112 sont pour les situations graves : malaise, confusion, perte de connaissance, peau brûlante et sèche, convulsions. Pour comprendre le déclenchement des alertes et l'organisation des secours, voir la page plan canicule.

Questions fréquentes

Pourquoi les personnes âgées sont-elles plus sensibles à la chaleur ?

Avec l'âge, le corps transpire moins et la sensation de soif s'émousse. La personne se déshydrate donc sans s'en rendre compte, et la sensation d'avoir trop chaud arrive en retard. Ce cumul explique la déshydratation silencieuse, fréquente chez les seniors pendant une canicule.

Comment protéger un bébé pendant la canicule ?

On le fait boire très souvent (tétées plus fréquentes ou eau entre les biberons), on l'habille léger, on garde sa chambre fraîche volets fermés, et on ne le laisse jamais en plein soleil ni dans une voiture, même deux minutes. On surveille les couches, la fontanelle et son comportement, et on appelle le 15 au moindre signe anormal.

Quels médicaments augmentent le risque pendant la canicule ?

Les diurétiques, certains traitements de la tension, certains médicaments psychiatriques comme les neuroleptiques et antidépresseurs, ainsi que des anti-inflammatoires et traitements du rein peuvent gêner l'hydratation ou la régulation de la température. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien, et n'arrêtez jamais un traitement de vous-même.

Qu'est-ce que le registre canicule de la mairie et comment s'inscrire ?

C'est une liste tenue par la commune des personnes âgées, isolées ou en situation de handicap qui souhaitent être suivies. En cas d'alerte, les services sociaux les contactent ou leur rendent visite. L'inscription est gratuite et se fait auprès de la mairie, par téléphone ou par un proche.

Comment faire boire une personne âgée qui n'a pas soif ?

On propose à boire régulièrement sans attendre la demande, par petites quantités étalées sur la journée. On varie les formes : eau, tisanes fraîches, soupes froides, fruits riches en eau comme le melon ou la pastèque. Un verre rempli laissé bien en vue et des rappels réguliers aident à atteindre environ 1,5 litre par jour.

Comment protéger son chien de la chaleur ?

De l'eau fraîche à volonté, de l'ombre en permanence, des promenades tôt le matin ou tard le soir, et jamais dans une voiture. Attention au bitume brûlant pour ses coussinets. Un chien ne transpire pas, il halète, donc il se refroidit mal : un halètement intense avec abattement est un signe d'alerte vétérinaire.

Quels sont les signes de déshydratation à surveiller ?

Bouche sèche, urines foncées et peu abondantes, fatigue inhabituelle, somnolence ou confusion, perte d'appétit et perte de poids rapide. Chez le nourrisson, on surveille en plus les couches restées sèches, la fontanelle creusée et des pleurs faibles. Ces signes imposent de faire boire tout de suite et, s'ils s'aggravent, d'appeler le 15.

À quelle fréquence appeler un proche isolé pendant une canicule ?

Au moins une fois par jour pendant tout l'épisode de chaleur, et davantage si la personne est très fragile. À chaque appel, on vérifie qu'elle boit, que son logement reste frais et comment elle se sent. Si plusieurs proches sont disponibles, on se répartit les jours pour ne laisser passer aucune journée.

Une femme enceinte est-elle plus à risque pendant les fortes chaleurs ?

Oui. La grossesse augmente les besoins en eau et la fatigue, et la déshydratation peut favoriser des contractions. Il faut boire abondamment, se reposer au frais aux heures chaudes, éviter les efforts et les longues stations debout. En cas de contractions, de vertiges marqués ou de maux de tête persistants, consulter rapidement.

Quand faut-il appeler le 15 plutôt que le numéro canicule ?

Le 0 800 06 66 66 sert à poser des questions sur les gestes de prévention. Le 15 ou le 112 s'appellent pour une urgence : malaise, confusion, perte de connaissance, peau brûlante et sèche, température très élevée, convulsions. Dans le doute sur un signe grave, on appelle le 15 sans hésiter.